Engagement

Notre voyage au Kenya et en Ouganda

Auteur

Nicholas Hänny

Temps de lecture

10min

Publié

09.10.2026

Unsere Reise nach Kenia und Uganda

Pour notre dixième anniversaire, nous, Nicholas et Robin, avons voyagé au Kenya et en Ouganda. Ce fut l’un des voyages les plus émouvants que nous ayons vécus jusqu’à présent. Se retrouver devant les tout premiers arbres que nous avons fait planter avec NIKIN fut un moment particulier. Ce qui avait commencé à l’époque par une idée et de petits plants avait visiblement grandi.

Nous voulions découvrir de plus près nos projets de plantation d’arbres et comprendre quel est leur impact à long terme. À cette occasion, nous avons rencontré des personnes qui s’investissent pour les forêts avec beaucoup de savoir et de cœur. En même temps, ce voyage nous a conduits dans des lieux qui, en tant que marque de vêtements, nous ont amenés à réfléchir. Nous sommes rentrés reconnaissants et bouleversés, avec de nouvelles questions et des pistes de réflexion importantes pour l’avenir.

Nos tout premiers arbres dix ans plus tard

Au Kenya, nous avons visité le premier projet de reforestation de One Tree Planted dans le pays. C'est là que poussent également les tout premiers arbres que nous avons fait planter avec NIKIN. Beaucoup mesurent désormais cinq à sept mètres de haut, certains encore plus. Une forêt entière a vu le jour. Voir ces arbres de nos propres yeux a rendu les dix dernières années tangibles pour nous d'une manière très particulière !

La rencontre avec Miri fut particulièrement belle. Elle avait déjà participé aux plantations il y a environ dix ans et nous a raconté à quoi ressemblait la zone à l'époque. Nous avons senti à quel point elle est fière des innombrables arbres qu’elle a elle-même plantés et combien ce travail compte pour elle. Être avec elle au milieu de ces arbres nous a beaucoup touchés. De petits plants, une forêt entière était née.

Les gardes forestiers et les organisations locales continuent aujourd'hui encore de s'engager pour la protection de la zone. Leur travail est important, car l’exploitation forestière illégale et le bétail peuvent menacer le développement d'une forêt. Même les personnes ayant elles-mêmes participé aux plantations veillent à sa préservation.

Planter de nouveaux arbres ensemble

Nous avons également visité le projet actuellement soutenu par NIKIN dans la forêt de Dundori. Au total, 150 000 arbres doivent y être plantés, dont 40 000 financés par nos soins. Au moment de notre visite, 29 000 arbres avaient déjà été plantés dans le cadre du projet. Les forêts de cette région sont d’importants réservoirs d’eau pour une grande partie du pays.

Le jour de la plantation, 5 000 plants ont été mis en terre, dont une vingtaine par nous-mêmes. Irene, de l’organisation Wezesha, nous a montré ce qui est important : retirer délicatement le plant de son sac, le planter correctement et laisser une petite cuvette pour permettre à l'eau de pluie de s'accumuler. Un bâton aide à retrouver plus tard le jeune arbre dans l’herbe. Différentes espèces d’arbres indigènes ont été plantées. Les équipes de plantation locales étaient nettement plus rapides que nous et travaillaient sur la pente avec une aisance impressionnante. Le fait de mettre la main à la pâte nous a permis d'apprécier encore plus le travail derrière chaque arbre planté.

Un temps fort supplémentaire fut la visite de la télévision kényane, qui a fait un reportage sur le projet et notre participation. Nous étions heureux que le travail commun reçoive également de l'attention sur place.

Nous avons également pu découvrir le travail effectué avant et après la plantation. Dans une pépinière, nous avons aidé à la préparation des plants. L’équipe de Wezesha nous a expliqué comment elle collabore avec la population locale, comment elle intègre les arbres dans les surfaces agricoles et comment elle transmet son savoir. Lors de visites dans des écoles, nous avons vu des enfants planter et entretenir leurs propres arbres.

Ces rencontres nous ont montré combien de collaboration se cache derrière un projet de reforestation. Une jeune forêt a besoin de personnes qui souhaitent la connaître, l'utiliser et la protéger.

Un regard sur les futures zones boisées

Avec des représentants du Kenya Forest Service et de la Community Forest Association locale, nous avons également visité une surface destinée à être reboisée à l'avenir. Après nous être tenus au milieu des arbres déjà développés, nous avons regardé ce paysage avec un autre regard. Nous pouvions désormais mieux imaginer ce qui pourrait y voir le jour au fil des années.

À cette occasion, nous avons découvert le concept de « social fencing » (clôture sociale) : lorsque les populations locales tirent profit de la forêt et se sentent responsables de celle-ci, elles contribuent à sa préservation à long terme. Cette protection par la communauté joue un rôle extrêmement important, en plus de la plantation elle-même.

John, de One Tree Planted, nous a par ailleurs expliqué comment le développement des projets est contrôlé. Les organisations partenaires fournissent des rapports tous les six mois. Sur des zones d’échantillonnage de, par exemple, dix mètres sur dix, le nombre d’arbres ayant survécu est recensé. À partir de là, le taux de survie est estimé pour l’ensemble de la surface. À cela s'ajoutent, selon le projet, le recensement d'arbres individuels avec des coordonnées géographiques et l'analyse d'images satellites. Car la question décisive est de savoir ce qui pousse encore des années après une plantation.

 Dandora nous a profondément émus

À Nairobi, nous avons visité la décharge de Dandora. Malgré tout ce que nous avions entendu à son sujet, nous n’étions guère préparés à son ampleur. Entre les montagnes de déchets, la fumée et la poussière, des personnes cherchent des matériaux qu’elles peuvent revendre. Les vêtements en font également partie. Ce qui est un déchet pour les uns constitue ici, pour beaucoup, le gagne-pain quotidien.

Sam, qui a grandi à Dandora, nous a fait visiter la zone. Avec son organisation Dandora Green, il emploie des personnes, en particulier des femmes, et collecte des textiles pour leur réutilisation et leur transformation. Il nous a expliqué qu’il plante également des arbres et possède une petite pépinière près d’une école. L’objectif : améliorer la qualité de l’air à Dandora. Son engagement au milieu de ces conditions difficiles nous a beaucoup impressionnés.

La visite a montré à quel point les questions environnementales et les moyens de subsistance sont étroitement liés ici. De nombreuses personnes gagnent leur vie grâce à ce que d'autres jettent. Les changements doivent donc aussi créer des perspectives pour eux.

Parmi les déchets, nous avons vu à maintes reprises des chaussures et des vêtements. Ce spectacle nous a particulièrement préoccupés. Que deviennent les produits et les vêtements quand nous n’en voulons plus ? En tant que marque de vêtements, cette question nous concerne directement. À Dandora, elle nous a semblé plus tangible que jamais.

 Le périple des vêtements au marché d'Owino

Au marché d’Owino à Kampala, nous avons découvert une autre étape dans la vie des vêtements d'occasion. Sur les étals s’empilaient des t-shirts, des pantalons, des vestes et des chaussures. Entre eux, des couturières réparaient des vêtements ou les ajustaient directement sur place.

En compagnie de Paula et Terence de BUZIGAHILL ainsi que de notre guide Miti, nous avons exploré le marché. Nous y avons découvert des marques connues, des t-shirts d'événements passés et des vêtements qui avaient été jetés quelque part dans le monde. Il était impressionnant de voir quels chemins parcourent les vêtements et par combien de mains ils passent.

Ici, il nous est apparu particulièrement clairement que ce n’est pas parce que nous donnons gratuitement des vêtements dans une collecte de seconde main qu’ils sont simplement offerts à destination. Ils font partie d’une chaîne commerciale internationale, sont achetés, transportés, triés et revendus. Au marché d’Owino aussi, les gens doivent payer pour ces vêtements. Notre don de vêtements est là une marchandise. De nombreuses personnes gagnent leur vie grâce à ce commerce et en faisant en sorte que les vêtements restent utilisables le plus longtemps possible.

Comment BUZIGAHILL crée du nouveau à partir de vêtements existants

L’équipe de BUZIGAHILL nous a montré comment la mode peut renaître à partir de vêtements mis au rebut. La marque fondée par Bobby Kolade achète des vêtements de seconde main en Ouganda, les transforme et revend les pièces créées dans le Nord global, selon une approche « Return to Sender » (retour à l'expéditeur).

Paula nous a expliqué à quel point la recherche de pièces de base appropriées est exigeante. Les couleurs, les matériaux et les quantités ne peuvent pas être commandés à volonté sur le marché de la seconde main. Chaque design doit travailler avec ce qui est disponible.

En production, nous avons été particulièrement impressionnés par un t-shirt assemblé à partir de huit chemises usagées. Cela implique de nombreuses étapes de travail : trier, laver, démonter, recombiner et recoudre. Voir de près combien de travail manuel et de créativité se cachent dans une telle pièce nous a fait porter un regard différent sur les vêtements d'occasion.

Nous avons échangé sur les matériaux, la durabilité, la recyclabilité et bien d’autres questions qui nous préoccupent en tant que marque de vêtements. La visite nous a donné beaucoup de matière à réflexion. Ce qui nous occupe particulièrement, c’est de savoir comment nous pouvons prendre en compte, dès la conception, ce qu'un vêtement deviendra plus tard.

Ce qu'il en reste et ceux à qui nous voulons dire merci

Ce sont surtout les personnes et les moments partagés qui nous resteront de ce voyage. Miri, qui racontait avec fierté ses arbres plantés. Les équipes avec lesquelles nous avons mis des plants en terre. Sam, qui nous a ouvertement montré son travail et son quotidien. Et les personnes de BUZIGAHILL, qui nous ont ouvert de nouvelles perspectives avec leur créativité.

Nous avons vu ce qui peut naître au fil des années lorsque des gens travaillent ensemble à quelque chose. En même temps, nous sommes repartis avec des questions auxquelles il n'existe pas de réponses simples. Les deux continueront de nous accompagner chez NIKIN.

Un merci tout particulier à John, de One Tree Planted. Il nous a accompagnés durant nos jours au Kenya, nous a expliqué les liens et a pris le temps pour nos nombreuses questions. Grâce à lui, nous avons pu plonger plus profondément dans la culture locale et le quotidien des gens. Autour de repas partagés, de conversations personnelles et de toutes ces expériences, un partenaire est devenu un véritable ami. Nous en sommes très reconnaissants.

Merci également à la Wezesha Foundation et à sa fondatrice Dr Redempta Mutisya, aux équipes de projet locales et aux communautés, à Sam et Dandora Green ainsi qu’à Bobby Kolade et à toute l’équipe de BUZIGAHILL. Merci d’avoir partagé votre temps, votre savoir et vos histoires avec nous.

Et merci à notre communauté NIKIN, qui soutient nos projets de plantation d’arbres depuis dix ans. Sans vous, nous n’aurions pas pu vivre ce moment : nous tenir devant nos tout premiers arbres et voir comment une forêt en a poussé. Nous emportons ce sentiment avec nous.

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